Taux de remplacement

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Le taux de remplacement désigne le pourcentage du revenu d’activité que conserve un salarié lorsqu'il fait valoir ses droits à la retraite.

Ce taux dépend du nombre de trimestres cotisés et de l'application éventuelle d'un coefficient de minoration (décote) ou, éventuellement, d'un coefficient de majoration (surcote).

On estime que ce taux de remplacement est, en moyenne de 75 % dans la fonction publique et de 50 % dans le privé.

Selon une étude du Comité d’orientation des retraites de 2014 (COR), la pension moyenne des retraités, comparée au revenu d'activité moyen se situera entre 36 et 46 % à horizon 2060 contre 52 % actuellement.

Taux de remplacement selon les régimes

Selon le COR, le taux de remplacement correspond au rapport entre le montant de la retraite et celui du dernier revenu d’activité perçu. En 2013, le Comité de suivi des retraites estimait que le montant moyen d’une pension de droit direct en France se montait en moyenne à 1 306 €.

Ce taux de remplacement est plus élevé dans la fonction publique – 75 % du traitement indiciaire brut pour une durée d'assurance complète –, car le régime des fonctionnaires est à la fois un régime de base et un régime complémentaire.

Le taux de remplacement des salariés du secteur privé – affiliés à la fois à un régime de base et à un régime complémentaire (Agirc-Arrco) – est d’environ 50 %.

Le niveau plus élevé des pensions dans le public résulte surtout d’une différence dans le calcul des retraites. En effet :

  • Dans le privé, la pension est calculée à partir des 25 meilleures années de salaire pour la retraite du régime général. Les primes sont intégrées.
  • Dans le public, le calcul de retraite est basé sur les 6 derniers mois de salaire. Les primes (de grade, de fonctions, de situations spécifiques, etc.) ne sont pas intégrées. Elles peuvent représenter de 15 à 25 % de la rémunération d’un fonctionnaire.

Toutefois, les fonctionnaires perçoivent une pension complémentaire au titre de la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Elle améliore leur taux de remplacement. Le calcul annuel des points acquis porte sur 20 % du traitement indiciaire brut annuel. Ce complément gomme partiellement la non-intégration des primes.

Évolution du taux de remplacement dans le public

Selon une étude prévisionnelle du COR portant jusqu’en 2050, le taux de remplacement des fonctionnaires continuera à progresser durant les années à venir.

Pour un fonctionnaire (génération 1985) prenant sa retraite après 40 ans de carrière, ce taux de remplacement sera de 69,2 % vers 2050 contre 68,5 % (génération 1955) en 2020. 

À noter : cette évolution favorable est notamment liée au calcul de la retraite sur les 6 derniers mois de salaires et à la prime RAFP.

Secteur privé et évolution du taux de remplacement

Toujours selon le COR, les perspectives de taux de remplacement seront moins favorables dans le privé. Plus les niveaux de salaire sont élevés et plus les pensions diminueront.

Ainsi, un salarié du privé non-cadre verra son taux de remplacement baisser de 75,6 (génération 1955) à 64,4 % (génération 1985) entre 2020 et 2050. La chute sera encore plus rude pour un cadre : sa pension versera de 55,5 % (2020) à 42,7 %.  

Bon à savoir : cette baisse du taux de remplacement est accentuée par la réforme des régimes complémentaires. Un système de malus pénalise les salariés refusant de décaler leur départ et plusieurs mesures (décalage de la date de revalorisation des pensions, augmentation du coût d’achat du point, cotisations en hausse, etc.) minorent les sommes servies par l’Agirc-Arrco.

À noter : les régimes Agirc et Arrco ont fusionné au 1er janvier 2019 en un seul régime (Agirc-Arrco) piloté par les partenaires sociaux.

Taux de remplacement et niveau de vie

Selon le comité de suivi des retraites, en 2012, le niveau de vie moyen des retraités dépassait de 3 % celui de l’ensemble de la population tout restant inférieur de 4 % à celui des seuls actifs.

Le comité indique que le taux de pauvreté des retraités a fortement baissé au cours des 40 dernières années. En 1970, un retraité sur 4 était pauvre. En 2012, ce taux s’établit à 8,4 % contre 13,9 % pour l’ensemble de la population (19,6 % pour les enfants de moins de 18 ans).

Bon à savoir : les réformes des retraites de 2010 et de 2012 ont relevé l’âge légal de départ de 60 à 62 ans et celui de l’obtention automatique de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans (depuis 2017). La réforme des retraites de 2023 relève de manière progressive l’âge légal de départ à la retraite. Il sera de 64 ans en 2030 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023).

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