Retraite : rente ou capital ?

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Certains mécanismes financiers de préparation à la retraite, comme l’assurance-vie, proposent une sortie en capital et/ou rente viagère. D'autres, comme les contrats Madelin réservés aux travailleurs non salariés (TNS), le plan épargne retraite populaire (PERP) ou le régime Préfon imposent une sortie en rente viagère en bloquant l’épargne constituée jusqu’à la liquidation du régime. Dans la mesure du possible, il est préférable d’opter pour un dispositif laissant le choix ouvert entre ces 2 options afin de se déterminer le moment venu.

À noter : la loi Pacte (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) a créé un nouveau produit d'épargne retraite : le PER (plan d'épargne retraite). Il remplace le PERP, le PERCO, le PERE (« article 83 ») et les contrats Madelin depuis le 1er octobre 2019. Ces produits ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Ils peuvent continuer à être alimentés par les épargnants ou bien être transformés en PER.

Retraite : sortie en rente

Si l’assurance-vie, le PER ou le plan d’épargne en actions (PEA) laissent à l’investisseur, le choix de choisir entre sortie en rente ou en capital, la plupart des dispositifs de préparation à la retraite imposent une sortie viagère. C’est notamment le cas avec la Préfon (le régime de capitalisation des fonctionnaires), les contrats Madelin ou encore avec le plan d’épargne retraite populaire (PERP), un produit d'épargne à long terme.

À noter : depuis le 1er juillet 2021 (arrêté du 7 juin 2021), le seuil de rachat des petites rentes des contrats d’assurance retraite supplémentaire a été rehaussé. Il est passé à 100 € par mois. Une sortie en capital peut donc être proposée si la rente viagère est inférieure à 100 € par mois (au lieu de 40 € par mois auparavant).

Avec la rente (en contrepartie du capital accumulé), l’assureur s’engage à réaliser des paiements (arrérages) à date fixe, durant toute la vie du crédirentier. Le montant de cette rente est calculé à partir de l’âge du bénéficiaire et de son espérance de vie. Cette issue est surtout conseillée aux retraités en bonne santé dont l’espérance de vie est longue.

La rente a ses avantages et ses inconvénients.

Avantages de la sortie en rente

Elle garantit à son bénéficiaire (le crédit rentier) un revenu régulier durant toute sa retraite. Le montant de ce revenu est connu d’avance. Il tombe à date fixe. En cas de décès du crédit rentier, le conjoint survivant peut percevoir une partie de la rente grâce au mécanisme de la réversion. Le principal avantage de la rente est donc d’apporter une sécurité à 100 %.

Inconvénients de la sortie en rente

Durant la phase d’épargne, l’argent est bloqué et ne peut être dégagé que dans des cas exceptionnels. Une fois le capital converti en rente, celui-ci devient la propriété de l’assureur. Fiscalisée, la rente n’est pas transmissible aux héritiers. Pour éviter cela, il est possible de choisir une rente à « annuités garanties » : elle garantit le versement de la rente durant une certaine durée aux bénéficiaires désignés même si le titulaire du contrat décède rapidement.

Bon à savoir : en contrepartie de cette absence de flexibilité, la sortie en rente obligatoire permet à l’investisseur de profiter d’une déduction fiscale sur une partie des cotisations versées. Avec les contrats Madelin, ce bonus est par exemple de 10 % du plafond de la Sécurité sociale + ¼ (10 % + 15 %) de la part du revenu située entre ce plafond et 8 fois ce plafond.

Retraite : sortie en capital

Lors d’une sortie en capital, l’investisseur récupère en une seule fois le total de l’épargne qu’il a accumulée (principal + intérêts). Cette option a des avantages et des inconvénients.

Avantages de la sortie en capital

Récupérant son capital en une fois, l’investisseur en use comme bon lui semble. Grâce à cette liberté, il peut financer une acquisition importante ou au contraire placer le capital qu’il récupère pour obtenir des revenus de complément aux conditions du moment. Ce capital est également transmissible aux héritiers. S’il le souhaite, le souscripteur n’est forcé de récupérer sa mise en une fois. Il peut effectuer des retraits partiels programmés, afin de s’assurer un complément revenus régulier.

À noter : dans le cas de l’assurance, si les capitaux ont été immobilisés 8 ans, ces retraits sont par exemple exonérés d’impôt jusqu’à 9 200 €/an (pour un couple) puis taxés à 7,5 % au-delà.

Inconvénients de la sortie en capital

Contrairement à la sorte en rente qui garantit des versements réguliers aussi longtemps que l’assuré vivra, le capital récupéré peut s’avérer insuffisant si l’espérance de vie du retraité dépasse la moyenne de sa classe d’âge. Dans cette hypothèse, la sortie en rente sera plus favorable que la sortie en capital.

Sortie en rente et en capital : 2 systèmes à combiner

Pour profiter de la sécurité de la rente et de la liberté d’une sortie en capital, la meilleure solution consiste à combiner ces deux options. Ce panachage permettra à la fois de miser sur la sécurité d'une rente issue d’un contrat PERP ou Madelin tout en disposant d’une assurance-vie dans le capital de laquelle il sera possible de piocher en cas de besoin.

Quand on choisit une sortie en rente 2 options sont possibles :

  • profiter d’un bonus fiscal immédiat (comme dans le cas des contrats Madelin, de la Préfon, etc.), mais d’une rente qui sera fiscalisée à l’impôt sur le revenu (IRPP) quand elle sera mise en service ;
  • ou bien de renoncer à un avantage fiscal immédiat pour profiter d’une imposition adoucie par la suite. C’est notamment le cas avec l’assurance-vie dont la rente ne sera notamment taxée que pour une fraction de 40 % (à partir de 60 ans), puis de 30 % (à compter de 70 ans).

Bon à savoir : la rente viagère peut parfois être totalement exonérée d'IRPP comme dans le cas du PEA, même si ce produit n’est pas à proprement parler un produit de préparation de la retraite.

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