La retraite des cadres est l’addition de deux composantes : une retraite de base et une retraite complémentaire.
La retraite de base est calculée et versée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). La retraite complémentaire est versée par l’Agirc-Arrco.
La retraite de base est comptée en trimestres, celle de l’Agirc-Arrco en points.
Retraite de base des cadres
La retraite de base peut être à « taux plein », à condition de remplir les conditions d’âge et de nombre de trimestres cotisés requis.
Trois autres situations sont possibles lors du départ en retraite :
- L’assuré n’a pas cumulé le nombre de trimestres nécessaire pour obtenir une retraite complète : la pension est affectée par un « coefficient de proratisation ». Ce taux est égal au nombre de trimestres effectivement validés / durée d’assurance maximum. Il réduit le montant de la pension.
- L’assuré n’a pas atteint le nombre de trimestres requis, tous régimes confondus, pour avoir une retraite à taux plein. Sa pension sera minorée par une décote effective jusqu’à son décès. Cette décote ne peut excéder 20 trimestres. Le coefficient de minoration est déterminé en fonction de l’âge ou du nombre de trimestres manquants.
- L’assuré a continué à travailler alors qu’il remplissait toutes les conditions pour toucher une retraite à taux plein. Il profitera alors d’une « surcote ». Sa pension sera augmentée d’un certain pourcentage par trimestre travaillé au-delà de la durée de cotisation obligatoire. Cette surcote est de 1,25 % par trimestre.
Retraite complémentaire des cadres
Le montant annuel de la retraite complémentaire des cadres dépend du nombre de points acquis durant la vie active. En travaillant, un cadre achète ces points, moyennant un taux de cotisation de 7,87 % pour la partie du salaire inférieure (ou égale) à 3 666 € (tranche 1) en 2023, puis de 21,59 % pour la partie comprise entre 3 666 € et 29 328 € (tranche 2).
Pour évaluer le montant de la retraite complémentaire, il suffit de multiplier le nombre de points acquis par leur valeur. Au 1er janvier 2019, la valeur du point Agirc-Arrco était de 1,2588 €. Elle a été revalorisée à 1,2714 € le 1er novembre 2019 puis à 1,2841 € au 1er novembre 2021. Elle est de 1,3498 € au 1er novembre 2022.
Le montant obtenu en multipliant le nombre de points acquis par leur valeur fournit le montant brut de la retraite complémentaire. Pour obtenir le montant net, il faut soustraire les prélèvements sociaux : assurance-maladie (1 %), contribution sociale généralisée (6,6 %), contribution au remboursement de la dette sociale (0,5 %) et de solidarité pour l’autonomie (0,3 %).
Retraite des cadres : les changements intervenus en 2019
Depuis le 1er janvier 2019, la retraite complémentaire des cadres connaît des changements importants résultant de l’accord Agirc-Arrco de l’automne 2015.
Les principales modifications intervenues sont les suivantes :
- Le taux d’appel des cotisations a été porté de 125 % à 127 %.
- Le nouveau régime Agirc-Arrco comporte 2 tranches de cotisations : tranche 1 (salaire jusqu’au plafond de la Sécurité sociale) et tranche 2 (salaire compris entre 1 et 8 fois le plafond de la Sécurité sociale).
- Pour les cadres, les points Arrco et les points Agirc sont fusionnés dans un seul compte de points. Au 1er janvier 2019, les points Arrco sont devenus des points Agirc-Arrco sans conversion. Par contre, les points Agirc ont été convertis en points Agirc-Arrco. Pour connaître le nombre de points Agirc-Arrco, il convient de multiplier le nombre de points Agirc × 0,347791548.
- Un dispositif de majoration ou de minoration temporaire (bonus/malus) s’appliquera sur la retraite complémentaire des personnes nées depuis le 1er janvier 1957.
Une baisse de 10 % affectera le montant des retraites complémentaires pour les assurés liquidant leurs droits dès l’âge de taux plein atteint. Ce malus pourra durer trois ans (jusqu’à 67 ans maximum). Pour échapper à cette sanction, les cadres devront décaler l’âge de leur départ en retraite d’un an.
S’ils vont au-delà de un an, leur pension de retraite pourra être majorée jusqu’à 30 % (avec quatre ans de décalage). La durée de ce bonus sera toutefois limitée à un an.